C’est comment un camion de près, de très près? juillet 3, 2008
Perdre les mauvaises habitudes, plus facile à dire qu’à faire, non, parce que Pantine elle a décidé de changer ses habitudes. Celle de grognon mal lunée toute la journée avec où sans mal de crâne, celle de ronchon d’on ne sait pas trop pourquoi…bref, décidée à changer radicalement la Pantine depuis qu’elle a risqué sa vie mardi matin au volant de sa voiture et encore plus celle de son Pantinou adoré.
Un acte fou, incompréhensible, un truc dont elle se remet avec séquelles psychologiques la Pantine, elle avait pas vraiment besoin de ça… Une accélération plutôt qu’un freinage, elle se demande encore pourquoi…Pourquoi elle a accéléré sur ce cédez le passage alors qu’elle l’avait vu ce camion. Oui elle l’a vu et c’est ce qui la rend dingue si elle ne l’est pas un peu déjà. Pourquoi , pourquoi???? Pourquoi lui avoir coupé la route au péril de leurs vies à tous les trois?
Elle a longé la carcasse blanche, elle a accéléré encore et encore, lui est passé devant à peut-être quelques millimètres près, elle ne sait pas, ne sait plus. Il en est resté transpirant le chauffeur qu’elle pense. Elle avait déjà parcouru cinq cent mètres que le camion était toujours figé à la même place, klaxonnant à qui voulait l’entendre. Dire toute sa peur, toute la folie préssentie dans ce geste. Pantine s’est arrêtée plus loin, loin du regard du chauffeur. Surtout qu’il ne puisse pas la voir, elle était suffisamment peu fière d’elle comme ça. Elle était tremblante comme une feuille prête à tomber de sa branche à tout jamais, se disant qu’il fallait l’interner, ce n’était pas possible…
“T’as vu maman, y a une fontaine, t’as vu maman”. Trouver la force d’ouvrir la bouche pour répondre un “oui”, trouver la force de revenir dans son cerveau et d’en maîtriser à nouveau l’intégralité, surtout ne pas se faire déborder. Marcher, marcher, marcher. Marcher dans la ville comme si de rien était, le regard en coin au cas où il la chercherait pour lui asséner ses paroles criantes. Se reculer à chaque camion aperçu au loin. Se dire qu’une ville, normalement, c’est interdit au poids lourds…
Puis repartir, revenir sur ses pas par une route détournée pour vérifier que tout va bien, qu’un accident n’est pas survenu par sa faute… Voir que tout va bien et repartir encore, tremblante toujours, vers le but, avec l’enfant, la chair de sa chair, pure comme au premier jour, qui ne se rend compte à aucun instant que sa vie n’a véritablement tenue qu’à un fil pendant un quart de seconde.
Pantine n’est pas prête d’oublier, sûrement pas, elle a eu beaucoup de chance, s’en rend vraiment compte elle pour le coup, et elle a décidé de changer, pour toujours… de caractère, de façon d’être. Elle connaît un enfant Pantine dont le père est mort quand il avait deux ans à peine. Elle a souffert pour lui Pantine, énormément. Elle n’a pas oublié les mots de sa mère qui disait qu’ils s’engueulaient régulièrement tous les deux, pour tellement de conneries, et qu’aujourd’hui il n’était plus là…
La mort est bien plus près qu’on ne le pense.
Pantine à décider de changer, facile à dire.
Pantine a décidé de changer, on prend les paris ?
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